CARPE : EN MODE BAROUDEUR

CARPE : EN MODE BAROUDEUR

Laurent Delcourte, est un carpiste de talent qui perfectionne ses techniques inlassablement.. Ambassadeur de nombreuses marques et journaliste de talent pour LSD Carpe, il nous fait le plaisir de partager cet article avec la communauté. Pour Laurent, la pêche de la carpe, c'est d'abord une expérience qui force le pêcheur à sortir de sa zone de confort pour aller au delà du post de pêche de l'étang, vers des zones plus sauvages. Récit d'une session "en mode baroudeur"...

Carpe : Au delà des limites de l'homme



Ayant une attirance particulière pour le monde sauvage voir perdu, je vais essayer au travers de cet article, de vous faire partager l'ambiance de cet endroit magique qui se trouve être mon jardin secret.

Je n'ai pas la prétention de me comparer à Bear Grylls, mais plutôt, je me décrirais comme un simple baroudeur assoiffé de terre inconnue. L'année passée, j'ai jeté mon dévolu sur une partie de nature ou la main de l'homme n'a pas encore réussi à tout détruire ou façonner à son image. *

Autrefois, le Rhin vagabond et sauvage créa un paysage typique composé de bras mort et d'îles ou il s'est développé maintenant une forêt alluviale luxuriante. Ce milieu me transforme alors en visiteur d'un monde qui ne cesse de me remettre à ma place et j'apprends à la façon Tom Sawyer, dans cette école sauvage que l'adaptation est la clef de la réussite.

J'aime particulièrement l’authenticité des endroits hors norme, j'adore côtoyer l'arsenal de ce monde sauvage. Sa forêt mystérieuse me procure un goût pour l'aventure qui réclame un engagement total, sans parler du désir d'évasion hors des limites urbaines qui alimente ma soif de l'inconnu.

Une leçon de pêche de la Carpe

Les premières sessions que j'ai réalisées sur ce plan d'eau se sont soldées par une bonne leçon de pêche. Mes approches restaient infructueuses en carpe, mais nombreuses en poisson blanc.

Je décide alors de m'expatrier au plus sauvage du plan d'eau afin d'être en totale harmonie avec ce milieu. Avec le temps, j'ai vite compris qu'il fallait que j'analyse ce paradis avant de le pêcher comme tout autre plan d'eau.

Je passe alors une année à traîner autour de ce paradis afin d'y entreprendre des investigations dans le but de me familiariser avec ce nouveau terrain de jeu. Je me suis également plongé dans une recherche accrue de documentations, de thèse pour le doctorat vétérinaire et bien d'autres bouquins afin de connaître sur le bout des doigts mon sujet favori, la carpe et surtout ses besoins nutritifs.

Alimentation de la carpe

Voici un résumé des informations utiles pour comprendre les carpes que j'ai recueillies :

Alimentation de la carpe sur le cycle complet de son existence.

La période de frai a lieu entre avril et juin ( pour la France) et la durée d'incubation des oeufs varie entre 10 et 40 jours en fonction de la température. Dans l’oeuf, les larves se nourrissent de vitellus ( réserve mise à leurs dispositions dans l’oeuf). Elles profitent de cette source de nourriture pendant environ 60 à 70 jours. À l'éclosion, les larves deviennent des alevins. Ils sont dépourvus de bouches et mesurent environ 5mm. Par l'absence de branchies, la respiration est trans-cutanée et cela peut durer 4 jours.

Au bout de ces quelques jours, la bouche s'ouvre enfin et l'alimentation peut alors commencer.

Les besoins en protéines, glucides, lipides, sels minéraux et vitamines sont gérés par la température de l'eau. Cette opération correspond à l'aptitude de la carpe à convertir l'alimentation ingérée en chair.

Il faut savoir que la carpe n'a pas d'estomac, d'après certaines études, il ne serait pas exclu que des récepteurs similaires soient à la jonction de l’oesophage et de l'intestin antérieur. L'appétit serait alors imposé par une commande physico-chimique.

Les premières années de sa vie, la carpe dépense un maximum d'énergie à l'activité de son métabolisme. Nous pouvons en déduire qu'une baisse d’énergie causera irrémédiablement des retards de croissance et des mâles formations osseuses.

Les besoins essentiels au bon développement d'une carpe :

Besoin en Glucides
On peut les trouver dans la bioflore aquatique. À part les espèces herbivores, la carpe omnivore à tendance carnivore consomme de temps en temps des végétaux. N'ayant pas la capacité à digérer la cellulose, elles disposent d'amylases qui autorisent la digestion de l'amidon. Ne vous posez plus la question «  pourquoi elles aiment temps le Maïs », simplement parce que c'est le glucide idéal.

Besoin en Protéines
La carpe possède des enzymes utiles à la digestion de la protéine. Cette substance répond au besoin énergétique. Ils sont très importants selon l’espèce et le milieu de vie. Dans nos eaux, le bactérioplancton, le phytoplancton et le zooplancton sont des apports primordiaux.

Besoin en lipides
Ils sont une source importante pour la carpe. Les acides gras sont nécessaires pour la reproduction en période d'ovulation. La carpe les retrouve dans les copépodes ( les copépodes sont de petits crustacés qui se développent dans tous les milieux aquatiques), ces derniers constituent la base du régime alimentaire d'une carpe adulte.

Besoin vitamine et sels minéraux
Voilà encore une chose très importante à la santé de nos carpes. Les carences sont à l’origine de différentes maladies et malformations au stade larvaire et juvénile. Elles peuvent aussi occasionner une fragilité immunitaire.

Régime de la carpe au cours des saisons

Maintenant que nous connaissons les priorités alimentaires de la carpe, voyons son régime au cours des saisons.

En hiver, la carpe se tournera vers la nourriture la plus accessible, la baisse de température des eaux stoppe le développement des planctons. Par contre, la faune benthique ( larves et invertébrés) reste très développée. Avec le réchauffement progressif de la surface de l’eau et l'allongement des heures de soleil, les phytoplanctons et zooplanctons se développent en masse en parallèle des éléments benthiques. La carpe change alors son régime et s'oriente vers la consommation de grands crustacés de type Daphnia dont la population pullule.

À noter que si la température reste basse, la faune risque de prendre du temps à se modifier, ce régime peut persister jusqu'à fin mai.

La période estivale entre en scène. Les fortes températures changent la solubilité de l'oxygène dans l'ensemble des couches des plans d'eau. L'instinct de la carpe va la guider vers les eaux tempérées, riche en oxygène et riche en nourriture. À cette saison, les bordures peuplées d'herbiers correspondent précisément aux exigences des carpes. La faune aquatique subit un bouleversement au profit des organismes associés à la végétation et aux dépens du plancton.

L'alimentation se portera donc essentiellement sur des gastéropodes, des copépodes et des oligochètes. D'après une étude faite, il s'avère que les carpes choisiraient les plantes aquatiques molles aux dépens des plantes dures. Nous pouvons en déduire que leur comportement alimentaire les guidera vers les Joncs, Potamots et Glycérines flottantes et les éloignera donc des Carex et Typhas.

Arrive la période où les journées diminuent ainsi que les températures, la carpe subit alors un pic dans son alimentation afin de constituer des réserves graisseuses pour assurer le passage de la période froide. Son instinct la pousse à consommer toute alimentation bonne à prendre.
Ensuite l'hiver arrive et la carpe passe aux habitudes hivernales plus ou moins brutalement suivant la variation de température.

Autres facteurs influençant l'alimentation de la carpe

- Le sexe, en été, il a été prouvé que les femelles se nourrissent plus que les mâle. 

- La profondeur des fonds, une faible profondeur changera la solubilité de l'oxygène et subira plus facilement des variations de température. Les habitudes alimentaires seront alors instables. 

-La nature des fonds, dans les gravières, la carpe s'oriente vers des organismes benthiques ( crustacés et mollusque) alors que dans des étangs vaseux, la consommation de chironomes sera hors normes.

 « L'observation recueille les faits, la réflexion les combines, l'expérience vérifie le résultat de la combinaison » (Denis DIDEROT)

Carpe : Et maintenant ?

Avec cette quantité d'informations recueillies, je constate immédiatement que ce n'est pas les hot-spots qui manquent pour chaque saison de l'année.

Au cours de mes sorties photos, j'en profite pour effectuer un travail de localisation qui pourrait trahir la présence de cette dame tant recherchée.

Je passe littéralement au crible chaque souche, chaque arbres immergés sans oublier les herbiers afin de ne rien laisser de coté. Après plusieurs mois, ce que je redoutais le plus arriva, les poissons que je localise se trouvent toujours au coeur des arbres immergés, zone d’hyper-sécurité. Le plus dur va être de les sortir en toute sécurité.

La discrétion est de rigueur en milieu sauvage. Posté à l’affût comme un animal sauvage attendant sa proie, j'adapte mon comportement la technique employée. Le moins de bruit possible et je limite mes mouvements au maximum.

Grâce à ce comportement de sniper, j'ai pu observer que les carpes n'osaient pas aller sur les zones d'amorçages. Elles préfèrent graviter autour en regardant les blancs se gaver et se faire prendre au piège.

Et la pêche de la carpe alors !

Lorsque je pratique mes sessions en mode baroudeur, j'utilise deux accessoires importants mes yeux pour me déplacer. Ma brouette ( lorsque je prends le luxe de partir avec mon bateau amorceur) pour parcourir de la distance sur la terre ferme et mon petit pneumatique d'1m80 pour naviguer vers les berges sauvages. A l'aide de ces deux compagnons, je n'ai aucune limite de territoire. A moi le poste que je veux !

Je me limite dans le matériel, je pars avec mes deux petites 10 pieds équipées de moulinets costauds chargés de 45/100 avec une arrachée en en 70/100.

Pour moi cela constitue une bonne base pour la pêche des obstacles en sécurité. Pour le reste, c'est très simple, je ne prends que le stricte minimum : un sac dos avec mon hamac, quelques vêtements, du nécessaire de toilette, un réchaud ( qui recharge également mon téléphone), des appâts, ma trousse de montages, une épuisette, un tapis de réception, des piques équipés de détecteurs et ne pas oublier du matériels photos/vidéos.

Astuce: Réaliser son sac de baroudeur pour pêcher la carpe

Il est probablement plus facile de vider son sac que de le faire. Surcharge d'affaires inutiles, oublis d'accessoires judicieux et espace insuffisant: même les habitués connaissent la mésaventure du sac mal rempli. Heureusement, après une bonne dose d'expérience et d'erreurs, j'ai réussi trouver l'équilibre parfait dans mon sac.

Voici quelques petits conseils.

- L'ordre
Le principe est simple. Placer le plus lourd au fond en répartissant le poids sur toute la largeur afin d'obtenir un sac équilibré qui sera facilement malléable. Il ne reste plus qu'à empiler progressivement les affaires plus légères.

- L'accessibilité
Les affaires légères en dernier, OK. Mais pas que. On laisse aussi pour la fin les vêtements et accessoires pouvant être utiles rapidement, pendant un déplacement ou l'arrivée sur le poste.

-Les recoins
Optimiser le moindre espace perdu. Les vêtements enroulées viennent combler les creux et les angles par exemple.

Toujours dans l'optique de rester discret dans ce monde sauvage, j'utilise des back lead coulissant pour plaquer au maximum mes montages. Afin que la présentation soit la plus naturelle possible, je réalise un cheveu en tresse très fine ce qui donne une souplesse naturelle dans le mouvement de l'esche. Pour l'hameçon, j'opte pour une arme costaud, un mugga qui s'adapte bien l'appât utilisé.

Carpe : Réagir après avoir observé

Après avoir observé leurs comportements, je décide de m'adapter. Ne voulant pas piquer de poissons blancs, je ne vais pas utiliser de graines, mais exclusivement de la bille. Mon objectif, trouver un profil nutritif qui intéresse les carpes afin qu'elles s'alimentent facilement en confiance et en continu.

De ce fait, je pourrais mettre en place un ALT (amorçages sur le long terme) sans le moindre souci, mais également l'utiliser en pêche rapide ( quelques heures). Afin de répondre à cette demande, j'ai jeté mon dévolu sur la fameuse Club Mix. Cette dernière dispose d'un atout hyper important lorsque l'on pêche des eaux inconnues. En plus de sa composition particulièrement bonne, elle dispose d'un pH neutre, et oui, voici une bille qui travaille sur n'importe quels substrats!

L'amorçage reste minime puisqu'elles évitent les grosses quantités. Je me limite à une poignée de bille mélangé à environ 200 grammes de pellets le tout booster au liquide de foie.

(Petite astuce: toujours préparer le mélange la veille de la pêche, le foie prendra le temps d'enrober l'amorçage. Par contre, son efficacité va durer dans le temps, car il va ralentir la dissolution des pellets, un plus sur ce type de plan d'eau oil faut toucher le moins possible aux cannes.)

Après la lecture de cet article, j'espère vous avoir donné l'envie de parcourir les berges des plans d'eaux sauvages proches de chez vous! Ne vous arrêtez pas sur un capot, observez, cherchez et traquez les poissons. Devenir baroudeur le temps d'une escapade pourrait peut-être vous donner une autre vision de votre passion. Bonne pêche tous et n'oubliez pas, nous sommes des invités dans la nature, respectons la !

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